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J’ai découvert TennisAid par hasard sur Twitter et j’ai tout de suite été touchée par leur engagement pour aider les plus démunis à pratiquer le tennis. Quand on est un vrai passionné, on a qu’une envie c’est de transmettre cette passion de jouer et je trouve ça magnifique que TennisAid arrive à le faire… Le but de cet article est de leur donner de la visibilité pour les aider dans leurs projets.

Salut Martin, est-ce que tu peux nous parler de toi, de ton rôle chez TennisAid et nous expliquer pourquoi tu as décidé de t’impliquer dans cette association ?

Je suis Martin Rocca, entraineur de tennis né en Argentine et qui habite maintenant à Barcelone en Espagne. Ça fait 30 ans que je suis enseignant de tennis et mes élèves sont plutôt très jeunes. Je suis le cofondateur de TennisAid que j’ai créé avec l’entraîneur catalan Abel Rincón. Notre association est née de notre envie d’aider les entraîneurs qui font la promotion du tennis dans des zones défavorisées du monde.

Martin et Abel avec les enfants d’Ouganda


Quel est l’objectif de TennisAid et à quel besoin répondez-vous ?

Notre objectif est de faciliter l’accès au sport à tous ceux qui le souhaitent et de donner les moyens nécessaires aux entraîneurs qui se donnent pour développer le tennis sur leur territoire. Nous leur donnons du matériel sportif pour qu’ils ne soient pas bloqués dans leur travail et, quand nous avons l’occasion de voyager, nous leur offrons une assistance technique sur place. Nous offrons aussi des équipements à des joueurs qui font de la compétition et qui manquent de moyens financiers, à des personnes handicapées ou qui ont des problèmes d’insertion sociale etc. En seulement quatre ans, notre association sans but lucratif a envoyé du matériel dans plus de 30 pays, alors qu’elle est dirigée par seulement deux personnes, Abel et moi-même, déjà bien occupés par nos « vrais » travails. Nous recevons en permanence des donations de raquettes, des sacs de tennis, vêtements, chaussures, et nous les envoyons vers différentes régions du monde en fonction de leurs besoins respectifs.

Bravo pour votre travail, j’adhère totalement ! Je suppose qu’envoyer des équipements à l’étranger coûte assez cher, avez-vous également des donations financières ou des partenaires pour vous soutenir ?

Les frais d’envois, tout comme nos voyages et notre présence sur place, sont financés grâce à la vente de notre propre merchandising (bracelets, t-shirts, porte-clés). Ce sont nos seules rentrées d’argent. Récemment, dans différentes villes d’Espagne et dans quelques pays européens, des récoltes de fonds ont été organisées sur des tournois et autres événements, ce qui nous a  permis de vendre nos produits et donc recevoir des fonds supplémentaires.

TennisAid sur le tournoi ATP 500 de Barcelone pour récolter des fonds en vendant leur propre merchandising


Quel type de donateurs avez-vous ? Est-ce que moi ou les personnes qui nous lisent peuvent participer ? Comment peut-on envoyer les équipements qui ne nous servent plus ?

Les donations que nous recevons viennent de toute la sphère tennistique en général. Certains joueurs professionnels (surtout des filles) nous laissent des raquettes pour les vendre aux enchères (Carla Suarez, Lara Arruabarrena, Silvia Soler). On nous donne aussi de grandes quantités de matériel en tout genre (Tita Torró). Nous avons aussi des entraîneurs et directeurs d’académies ou d’écoles, des clubs, et des adhérents qui apprennent ce que nous faisons et qui nous apportent tout ce qu’ils peuvent. Généralement, les envois arrivent par courrier à Barcelone (à l’Académie Sanchez-Casal, où je travaille). Il arrive aussi que nous passions récupérer les donations dans les clubs qui sont dans les alentours. Quand des événements sont organisés et que nous avons l’autorisation d’avoir notre stand, c’est pour nous une autre possibilité de recevoir du matériel. Pendant le tournoi de Barcelone nous avons eu la chance d’avoir un stand pendant deux jours. Ce fut très intense mais aussi très positif pour l’association.

 

Apparemment, vous arrivez à récolter du matériel assez facilement. Est-ce que vous rencontrez des difficultés pour le reste ? 

Les plus grandes difficultés que nous avons sont, sans aucun doute, de ne pas avoir assez de fonds pour envoyer plus de colis à des personnes qui nous en font la demande, et de ne pas avoir le temps nécessaire pour pouvoir voyager plus souvent.

 

J’espère que Correos (l’équivalent de La Poste en Espagne) entendra votre appel ! Quels sont vos projets pour le futur ? 

Dans l’immédiat, ça serait de convertir l’association en une fondation. A plus long terme, nous avons un projet très ambitieux qui est de construire un terrain sportif dans un collège primaire de Kampala en Ouganda. C’est difficile et ça coûte cher mais nous pensons que nous pouvons y arriver.

Merci Martin ! Une belle prise de conscience qui nous fera arrêter de jeter nos vieux t-shirts (et de casser nos raquettes pour certains ;)) ! Vous pouvez suivre la merveilleuse aventure de Martin et Abel sur  Facebook, Twitter, et Instagram ! Je vous encourage aussi à regarder la vidéo qui est sur la page d’accueil de leur site web http://tennisaid.org, elle est vraiment bien faite et on voit clairement qu’ils rendent les enfants plus heureux ! C’est aussi sur leur site que vous pouvez faire une donation ou acheter un petit truc qui les aidera à financer leurs projets 🙂

 

Point de vue

En découvrant TennisAid, ça m’a beaucoup rappelé mon voyage au Bénin (mission humanitaire avec l’association Savoir Oser la Solidarité de Grenoble Ecole de Management). J’ai pu voir la pauvreté de mes propres yeux, mais aussi la joie des enfants quand on leur avait offert des ballons de basket. J’ai joué avec eux sur leur terrain dérisoire et je m’étais jurée de les aider à construire un jour un vrai terrain de sport dans leur collège. Malheureusement, ce n’est pas chose facile : il faut comprendre et respecter les démarches administratives de là-bas, trouver des fonds colossaux, travailler à distance et pouvoir se rendre sur place de temps en temps. Je n’ai pas pu réaliser ce projet mais je souhaite soutenir ce genre d’initiatives. Je trouve que Martin et Abel font un travail formidable et je suis convaincue que le sport est un vecteur de développement. Pour moi, le tennis véhicule beaucoup de valeurs (respect, discipline, esprit d’équipe, etc.) qui pourront les aider dans beaucoup d’autres domaines. L’école de la vie comme on dit !

Catégories : Impact

1 commentaire

Mini Players : et si tout se jouait dès la petite enfance? - Eyes on the ball · 21 mars 2019 à 11:07

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